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Un blog avec un titre pas très original...
Actualité | 21.01.2014 - 08 h 15 | 4 COMMENTAIRES
Les anti-choix ont manifesté contre les droits des femmes

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On prend les mêmes et on recommence. Un an après ses importantes manifestations contre le mariage entre personnes du même sexe, revigorée par les atteintes au droit à l’IVG en Espagne, une certaine France réactionnaire et profondément conservatrice est à nouveau descendue dans les rues pour défendre « la vie ».

Manifs-anti-IVG---Brulons-les-sorcièresLa nébuleuse associative proche des intégristes de Saint-Nicolas du Chardonnet (Fondation Lejeune, Alliance Vita, Laissez les vivre…) battait le pavé au côté des familles « papa maman on ne ment pas aux enfants » venait lutter contre le « génocide d’êtres innocents » qu’est l’avortement.

Si l’année dernière certains ont pu suivre d’un œil amusé l’opposition (caricaturale) au mariage pour tous, force est de constater que cette année l’atteinte à un droit fondamental comme l’IVG fait beaucoup moins rire. Cela ne concerne plus que les personnes homosexuelles. Nous sommes face à un mouvement structuré, financé et parfaitement organisé, usant d’éléments de langage bien huilés…

Ils dénoncent une société « décadente », de « meurtre d’êtres innocents », de « génocide humain » et affabulent sur des enfants « déchiquetés » lors d’opérations « de confort ». Ils prônent le respect de « la Vie » (notez la majuscule) et « l’écologie humaine », dernier dada des associations intégristes comme Alliance Vita. Certains ont même osé rapprocher les chiffres de l’IVG à ceux de l’immigration, alimentant la folle théorie du « grand remplacement ».

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Meurtre, génocide, décadence ou enfants déchiquetés : les opposants au droit de choisir n’hésitent pas à jouer sur les mots, les peurs et sur le sentimentalisme bien lourd. Certains panneaux brandis durant le défilé demandaient même « faudra-t-il aller en Espagne pour le garder ? » (si si !). On nage dans un pur délire !

7881390244439Photo AFP/Pierre Andrieu

Se réapproprier le vocabulaire et répondre aux mensonges

Face à ce torrent de contrevérités et de propos simplistes, renforcé par des convictions profondes, il est difficile d’établir un débat serein et objectif. Je préfère répondre simplement et me réapproprier certains éléments de langage.

Je réfute d’abord les idées visant à culpabiliser les femmes, comme le fait que les IVG seraient des opérations « de confort ». Aucune femme ne subit une IVG par plaisir : ce n’est pas un parcours de santé. C’est un acte médical lourd exécuté par un médecin. Il intervient généralement quand les méthodes de contraception ont échoué (par accident, oubli… ou pire…). Quelles qu’en soient les causes, l’IVG est et reste un droit fondamental. Avant d’être une mère, la femme est… une femme, libre de disposer de son propre corps, non soumise à un pseudo ordre « naturel » lui imposant la procréation. Le droit des femmes à vivre leur sexualité sans procréer, à être enceinte ou pas, à poursuivre ou non une grossesse, à avoir ou non un enfant est la condition première de leur égalité avec les hommes.

Boutin-et-l'ivgLes discours orduriers sur les « meurtres d’enfants » sont une façon supplémentaire de culpabilisation. Pourtant, l’IVG concerne un embryon humain… un état qui n’a rien à voir avec les photos de fœtus brandies par les anti-choix. Dans l’état actuel des connaissances scientifiques, il n’est pas possible de définir le moment précis où commencerait la « vie humaine », car il s’agit d’un processus. L’embryon est un stade, une vie en devenir… D’ailleurs, L’Organisation Mondiale de La Santé (OMS) définit comme non viable un embryon ou un fœtus de 50 g ou moins. Autant se référer à des éléments objectifs : le statut juridique de l’enfant, qui s’acquiert avec le certificat d’accouchement. Avant il ne peut être considéré comme une personne aux yeux de la loi.

Je pense d’ailleurs que défendre la vie, c’est d’abord de défendre le droit des femmes à disposer de leur corps. Quel sera l’avenir d’un enfant non prévu et non désiré ? Face aux propos angéliques des anti-choix, chaque femme – chaque couple – possède sa propre conception de la vie et leur doit être respecté, dans l’intérêt de l’enfant ou de la famille. Je ne crois pas au « miracle » qu’un enfant non désiré le devienne subitement après sa naissance… Défendre la vie, c’est pouvoir l’accueillir au meilleur moment, quand on le veut, quand on se sent prêt(e). Si les anti-IVG crient leur sens extrême de la vie, leurs pratiques sont à l’opposé…

L’information et l’accès à l’éducation à la sexualité sont des fondamentaux. Face à la désinformation, parfois bien masquée sur Internet, des professionnels comme ceux du Planning familial conseillent chaque jour les femmes et les couples à choisir une contraception adaptée et apportent une information objective sur l’IVG.

L’IVG est un droit, pas une obligation. Personne n’oblige une femme à y recourir. Laissons donc chaque personne, chaque femme, faire son choix en toute conscience.